Occultistes bolcheviques, transe arctique, guerre, forage vers les entrailles de la Terre et nouvelle route chinoise : voyage dans les Lovozerskie Tundry, sur les traces d’Alexandre Bartchenko
Dans les Lovozerskie Tundry, le brouillard ne tombe pas. Il avale.
En quelques minutes, les montagnes disparaissent. Puis le chemin. Puis les distances. L’humidité atteint 100 %. À ce niveau-là, l’air et l’eau ont cessé de négocier.
Je marchais littéralement dans une éponge magmatique. Poumons et vêtements gorgés d’humidité, les pierres devenues glissantes et le relief qui prenait la consistance d’une ombre.
C’est là que j’ai failli crever. A cause d’un nuage posé sur la montagne.
Dans ces montagnes, la météo bascule brutalement. Une progression relativement simple devient soudain une affaire de navigation. Le téléphone ne répond plus. La visibilité tombe à quelques mètres. Le GPS, s’il fonctionne et si sa batterie tient, devient le dernier lien avec une géographie que les yeux ne voient plus. Chaque année, des randonneurs s’égarent dans les massifs de la péninsule de Kola. Et n’en reviennent pas.
Un siècle avant moi, un homme était venu chercher ici plus qu’un chemin.
Il s’appelait Alexandre Bartchenko.
Occultiste, écrivain fantastique, chercheur en télépathie et bientôt compagnon de route d’un des personnages les plus étranges de la police secrète soviétique, il cherchait Hyperborée.



Les montagnes des profondeurs
Les Lovozerskie Tundry surgissent au centre de la péninsule de Kola comme une forteresse minérale.
Le paysage donne une impression d’ancienneté absolue. Le massif de Lovozero lui-même est pourtant plus jeune que le très vieux socle continental qui l’entoure. Il s’est mis en place il y a environ 360 à 380 millions d’années, lorsque des magmas remontés des profondeurs se sont injectés dans la croûte terrestre avant de se refroidir lentement.
Sous et autour de lui s’étend le bouclier baltique, dont certaines roches remontent à plusieurs milliards d’années.
La montagne semble ainsi avoir deux âges : celui, immense, du continent primitif, et celui du magma venu le transpercer.
Le résultat est un territoire géologiquement extravagant, riche en roches alcalines et en minéraux rares, où la pierre semble avoir été retournée comme une poche pour montrer ce que la Terre cache dans ses profondeurs.
Pour Alexandre Bartchenko, ce paysage cachait autre chose.
En août 1922, il prend la direction de Lovozero avec plusieurs compagnons. Ils franchissent les toundras et gagnent Seydozero, un lac encaissé dans les montagnes et associé aux traditions sacrées samies.
Officiellement, l’un des objets de l’expédition porte sur un phénomène étrange observé dans le Grand Nord russe.
Le meriatchenie.



La maladie du Grand Nord
Les récits parlent d’hommes et de femmes saisis d’états inhabituels : transe, agitation, cris, gestes répétitifs, imitation automatique des mouvements ou des paroles d’autrui, obéissance soudaine à des ordres, comportements semblant parfois se propager dans un groupe.
Les observateurs russes ont rapproché ces manifestations de ce qu’on appelait alors l’« hystérie arctique ».
Le froid, l’isolement, la nuit polaire, les phénomènes dissociatifs, la suggestion collective et le contexte culturel sami ont fourni toutes les explications possibles.
Bartchenko regarde ailleurs.
Depuis plusieurs années, il s’intéresse à l’hypnose et à la transmission de pensée. Il est convaincu que l’esprit humain possède des facultés encore inconnues et que certaines traditions anciennes ont pu conserver empiriquement la connaissance de ces mécanismes.
Le meriatchenie devient alors davantage qu’un phénomène ethnographique.
Si un état psychique peut apparemment se propager dans un groupe, peut-on le reproduire ? Peut-on le déclencher ? Peut-on transmettre une suggestion sans contact direct ? Et, surtout, peut-on le contrôler ?
La question appartient encore aux marges de la science. Mais elle a déjà un parfum MK Ultra et ne va pas tarder à intéresser des hommes dont le métier consiste précisément à contrôler l’information et les individus.
Mais en 1922, Bartchenko poursuit une autre intuition.
Il pense que des régions isolées de la planète ont pu conserver les vestiges d’une civilisation très ancienne, détentrice de connaissances scientifiques et psychiques aujourd’hui perdues.
Cette civilisation avait déjà un nom, vieux de plus de deux millénaires : Hyperborée, le pays que les Grecs situaient au-delà de Borée, le vent du Nord. Bartchenko croyait que le mythe pouvait conserver le souvenir déformé d’une civilisation réelle — et que ses traces se trouvaient peut-être ici, dans la péninsule de Kola.
Seydozero
Au fond des Lovozerskie Tundry apparaît Seydozero.
Et sur une falaise apparaît un homme. Ou quelque chose comme ça.
En tout cas, une gigantesque silhouette noire plaquée contre la roche.
Kuiva
La figure est visible de très loin. Bartchenko et ses compagnons la voient et la photographient.
Kuiva existe. La silhouette sombre se découpe réellement sur la falaise dominant Seydozero. Elle est généralement considérée comme une formation naturelle, mais aucune étude archéologique ou géologique de terrain ne permet de clore le dossier.
Autour de Seydozero, l’expédition observe également des formations évoquant une chaussée et s’intéresse aux seids (pierres sacrées dans les traditions samies) autour desquels pouvaient se pratiquer des rites et des offrandes.
Les seids appartiennent bien au paysage religieux sami.
La route d’Hyperborée, elle, reste introuvable.
Puis apparaît une ouverture dans la montagne.
Les récits de l’expédition évoquent une cavité ou un passage souterrain. En s’en approchant, plusieurs membres du groupe auraient été saisis d’une peur brutale, suffisamment forte pour les faire renoncer.
Avec des décennies de rumeur, la cavité devient l’entrée du monde souterrain d’Hyperborée.
Mais plus l’histoire grandit, plus les documents deviennent rares.
Dans les Lovozerskie Tundry, pourtant, il suffit d’attendre le brouillard pour comprendre la puissance physique de ce genre de récit.
La montagne disparaît alors qu’on se trouve dessus.
Le connu s’arrête à dix mètres.
Le reste appartient à l’imagination.

Le Verdun arctique
Vingt ans après Bartchenko, le paysage cesse d’être le théâtre d’une quête ésotérique.
Il devient un champ de bataille.
À l’été 1941, les troupes allemandes attaquent depuis la Norvège et la Finlande. Leur objectif est Mourmansk.
Le port représente un enjeu stratégique majeur. Grâce à l’influence des eaux atlantiques dans la baie de Kola, son accès reste praticable toute l’année malgré sa latitude. Mourmansk est la grande porte maritime russe sur l’Atlantique arctique. Pendant la guerre, elle devient également l’un des terminaux des convois alliés acheminant du matériel vers l’Union soviétique.
Il faut prendre Mourmansk.
Les Allemands n’y parviendront jamais.
Leur progression vient se briser sur la Zapadnaïa Litsa, à quelques dizaines de kilomètres de la ville.
Le front se fige.
Pendant près de trois ans, les hommes s’enterrent dans la roche.
Bunkers. Tranchées. Barbelés. Artillerie. Mines. Patrouilles. Coups de main. Attaques pour quelques centaines de mètres.
Un Verdun arctique.
Ici, la géographie participe au combat car c’est la toundra qui décide où passent les véhicules.
Le relief canalise les hommes, le brouillard supprime les distances.
Et le froid achève les blessés.
Après avoir failli me perdre dans ces montagnes simplement en les traversant, il m’est difficile d’imaginer ce que signifiait y faire la guerre.
Transporter des obus.
Creuser dans la roche.
Évacuer un blessé.
Dormir dehors.
Attaquer.
Revenir.
Ou ne pas revenir.
En octobre 1944, l’offensive soviétique Petsamo-Kirkenes brise le front. L’Armée rouge repousse les forces allemandes vers Petsamo puis la Norvège.
Mourmansk n’est jamais tombée.
La ville demeure aujourd’hui l’un des points stratégiques majeurs de l’Arctique russe.
Douze kilomètres sous Kola
Dans cette région, les Soviétiques ne se sont pas contentés de regarder vers le nord.
Ils ont aussi regardé vers le bas.
Très bas.
En 1970 commence, près de Zapoliarny, le forage superprofond de Kola.
SG-3
L’objectif n’a rien d’occulte. Les géologues soviétiques veulent traverser directement la croûte continentale, confronter les modèles géophysiques aux roches réelles et comprendre ce qui se passe à des profondeurs encore jamais atteintes.
Ils forent.
Un kilomètre.
Cinq.
Dix.
Douze.
En 1984, le forage a déjà dépassé douze kilomètres lorsqu’une rupture catastrophique oblige les équipes à reprendre une partie du travail.
Elles recommencent.
En 1989, le trépan atteint 12 262 mètres sous la surface.
Le point artificiel le plus profond jamais atteint verticalement par l’homme.
À cette profondeur, la température avoisine 180 °C, beaucoup plus que prévu. La roche se comporte sous la pression et la chaleur d’une manière qui rend la progression toujours plus difficile.
L’objectif initial de quinze kilomètres ne sera jamais atteint. Les travaux se prolongent après 1984, avant que les difficultés techniques, puis la disparition de l’Union soviétique et le manque de financement ne condamnent finalement le programme.
Douze kilomètres de trou dans la croûte terrestre.
Il n’en fallait pas davantage pour que la légende s’en empare.
Une histoire commence à circuler : les scientifiques soviétiques auraient descendu un microphone dans le forage.
Ils auraient entendu des cris.
Des milliers de cris : les damnés !
Les géologues soviétiques auraient percé le plafond de l’enfer !
L’histoire est un canular, mais elle appartient désormais au folklore de Kola.
Bartchenko avait cherché l’entrée d’Hyperborée sous une montagne.
Soixante ans plus tard, les ingénieurs soviétiques creusaient réellement jusqu’à douze kilomètres.
Et la légende déplaçait simplement la destination.
D’Hyperborée à l’enfer.


Le cryptographe et le télépathe
Après son retour de Kola, Bartchenko se rapproche de Gleb Bokii.
Bokii est un personnage autrement plus puissant.
Son Département spécial travaille sur les codes, le chiffrement, les communications et les secrets d’État.
Bartchenko arrive avec ses recherches sur la transmission de pensée.
La rencontre des deux hommes possède une logique.
Pour un service chargé de transmettre une information sans qu’un adversaire puisse l’intercepter, la télépathie représenterait, si elle existait, le système de communication idéal.
Un cerveau émet, un autre reçoit. Pas de message à intercepter.
Bokii s’intéresse à Bartchenko. Des travaux autour de la télépathie, de l’influence psychique et de la transmission de pensée sont associés à ce milieu. C’est le noyau historique autour duquel se construira plus tard la légende des programmes paranormaux soviétiques.
Pour Bartchenko, ces recherches s’inscrivent dans une vision beaucoup plus vaste.
La science moderne ne découvre pas ces facultés.
Elle les redécouvre.
Quelqu’un, autrefois, les avait déjà maîtrisées.
Shambhala
Après Hyperborée, le regard de Bartchenko se tourne vers l’Asie centrale.
Il développe une doctrine appelée Dünkhör, s’intéresse au Kalachakra et pense que certaines confréries asiatiques auraient pu conserver des fragments d’une connaissance primordiale.
Le nom de Shambhala apparaît.
Au milieu des années 1920, des projets d’expédition vers le Tibet et l’Asie centrale sont réellement discutés dans les milieux proches de Bokii.
La mystique rejoint alors la géopolitique.
Pour un service de renseignement, il n’est pas nécessaire de croire à Shambhala pour s’intéresser à ceux qui y croient :
Les monastères sont des réseaux.
Les pèlerinages font circuler les hommes.
Les prophéties circulent avec eux.
Une tradition religieuse peut devenir un vecteur d’influence.
La recherche de la sagesse et celle du renseignement empruntent parfois les mêmes routes.
1937
Puis la porte se referme.
Bokii est arrêté le 16 mai 1937, puis exécuté le 15 novembre.
Bartchenko est arrêté à son tour. Le 25 avril 1938, il est fusillé.
Ses papiers sont saisis.
Parmi eux figure un manuscrit intitulé « Introduction à la méthodologie des influences expérimentales du champ énergétique volumique ».
Une partie importante de ses documents aurait été détruite en 1939.
Le décor de la légende est désormais complet.
Un occultiste.
Un chef des services secrets.
Des expériences de télépathie.
Hyperborée.
Shambhala.
Des hommes fusillés.
Des archives détruites.
Il ne manque que les nazis.
Ils arrivent.
La piste allemande
Après la guerre, puis surtout après la disparition de l’Union soviétique, une autre histoire se greffe sur celle de Bartchenko.
Il aurait été en relation avec le géopoliticien allemand Karl Haushofer.
Les Allemands auraient eu connaissance de ses recherches.
L’Ahnenerbe aurait voulu retrouver les secrets découverts dans le Grand Nord soviétique.
Un ordre de Wolfram Sievers aurait même demandé, dès 1935, de recueillir des informations sur ces travaux.
La chaîne est fascinante :
Bartchenko.
Haushofer.
Himmler.
L’Ahnenerbe.
Mais les archives disponibles ne permettent pas d’établir solidement cette filiation.
Le mystérieux ordre de Sievers demeure lui-même sans cote d’archive clairement établie dans le dossier.
Comme souvent avec Bartchenko, quelque chose se trouve entre les deux.
Pas assez de preuves pour conclure.
Assez de vide pour continuer à chercher.







Les nouvelles routes
Les frontières de Kola continuent de produire leurs propres trafics.
Depuis l’invasion de l’Ukraine et les sanctions européennes contre la Russie, les routes se sont déplacées.
À la frontière finlandaise, les passages se sont fermés. Plus au nord, la Norvège a longtemps offert une autre possibilité par Storskog. Des marchandises ont commencé à emprunter des itinéraires plus complexes, passant par des intermédiaires, des pays tiers ou les ports de la Baltique.
Les nouveaux contrebandiers sont là.
Ils ne transportent plus nécessairement des cigarettes ou de la vodka sous une bâche. Les marchandises du XXIe siècle sont des pièces industrielles, des composants, des véhicules, des technologies dont l’exportation est interdite ou contrôlée.
Une frontière ferme.
Le trafic cherche ailleurs.
Dans le Grand Nord, la géographie finit toujours par reprendre la main.
Le pain vient du sud
La péninsule de Kola possède du nickel, du cuivre, de l’apatite, des terres rares, du poisson et des ressources énergétiques considérables.
Elle manque toutefois d’une denrée élémentaire : le blé.
À cette latitude, l’agriculture céréalière est inexistante. Climat trop froid et saison végétative trop courte. Les céréales et la farine arrivent des régions russes situées plus au sud. Vologda notamment.
Le pain commence par un voyage.
Dans un territoire capable d’extraire des minerais stratégiques du ventre de la Terre et de faire naviguer des réacteurs nucléaires sur l’océan Arctique, la chose la plus ordinaire d’une table dépend toujours du train et de la route.
La Chine arrive
À Mourmansk, pourtant, les regards ne se tournent plus seulement vers Moscou.
Ils regardent vers l’est.
Vers la Chine.
En été, les visiteurs chinois sont désormais nombreux dans la région. Ils viennent voir l’Arctique, les paysages du Nord, Teriberka, l’océan.
Mais derrière le tourisme apparaît une transformation autrement plus importante.
La carte maritime de l’Eurasie est en train de bouger.
Mourmansk est l’une des portes occidentales de la Route maritime du Nord.
De là, la voie longe la Sibérie, franchit les mers de Kara, de Laptev et de Sibérie orientale avant de rejoindre le détroit de Béring et le Pacifique.
Pendant des siècles, cette route est restée prisonnière des glaces.
Elle l’est de moins en moins.
Et la Russie possède la clé.
Les brise-glaces nucléaires de Rosatom.
Ils ouvrent des chenaux, escortent les navires et prolongent progressivement les périodes de navigation.
Pour Moscou, la Route maritime du Nord doit devenir une grande artère de l’Arctique russe.
Pour Pékin, elle offre une possibilité stratégique.
La majeure partie des marchandises chinoises à destination de l’Europe emprunte les routes méridionales : mer de Chine, détroit de Malacca, océan Indien, mer Rouge, canal de Suez, Méditerranée.
Des milliers de kilomètres.
Et plusieurs goulets d’étranglement stratégiques.
Par l’Arctique, la distance entre certains ports chinois et l’Europe du Nord peut être considérablement raccourcie. Des liaisons expérimentales de porte-conteneurs chinois ont déjà démontré des temps de transit proches de trois semaines dans des conditions favorables.
La route reste saisonnière pour l’essentiel du trafic international. Elle reste difficile. Les glaces n’ont pas disparu. Les assurances coûtent cher. Les infrastructures sont rares. Un accident dans l’Arctique aurait des conséquences considérables.
Mais la géopolitique raisonne avec les routes qui pourraient exister demain.
Pour la Chine, disposer d’un corridor arctique soutenu par la flotte de brise-glaces russe signifie ajouter une voie aux routes méridionales passant par Malacca et Suez.
Pour la Russie, cela signifie transformer son immense façade sibérienne en corridor commercial.
Et pour Mourmansk, cela signifie redevenir ce que la ville a toujours été :
un endroit situé au bord du monde qui, à intervalles réguliers, se retrouve au centre de la carte.
Dans les brumes d’Hyperborée
C’est peut-être cela qui frappe le plus lorsqu’on traverse les Lovozerskie Tundry.
Les histoires ne se succèdent pas.
Elles s’empilent.
Sous les pieds, le magma solidifié.
Dans les villages, le meriatchenie.
À Seydozero, Kuiva et les seids.
Dans la montagne, l’entrée supposée d’Hyperborée.
Plus loin, les Soviétiques ont réellement foré douze kilomètres dans la croûte terrestre et la légende y a placé l’enfer.
À l’ouest, des milliers d’hommes se sont enterrés dans la toundra pendant le Verdun arctique.
Sur les routes frontalières circulent désormais les marchandises des sanctions et de la contrebande.
À Mourmansk attendent les sous-marins, les cargos et les brise-glaces nucléaires qui ouvrent une nouvelle route vers la Chine.
Et au-dessus de tout cela, le brouillard.
J’étais venu dans les Lovozerskie Tundry sur les traces d’un homme qui cherchait une civilisation disparue.
Je n’ai pas trouvé Hyperborée.
J’ai trouvé un paysage qui donne envie d’y croire.
Lorsque l’humidité atteint 100 %, que la montagne disparaît à quelques mètres, que le téléphone ne répond plus et que le chemin s’efface sous vos pieds, le Grand Nord cesse d’être un décor.
Il vous absorbe.
Pendant quelques heures, je n’ai plus pensé à Bartchenko, à Bokii, aux télépathes soviétiques ou aux civilisations perdues.
Je voulais juste retrouver mon souffle et mes esprits.
Et dans les brumes d’Hyperborée, cela suffisait largement.
